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Articles de la rubrique "Les erreurs de l'histoire"
Le passé colonial positif ou négatif ?
Mercredi 16 Avril 2008 à 21:25 Publié par thierry-joel dans Les erreurs de l'histoire La France d’aujourd’hui et son passé colonial
Le texte de la loi sur la colonisation positive qui a fait couler beaucoup d’encres
Les historiens ont tiré les premiers, ils se sont mis en colère, le mot positif ne passe pas, cette vision de la colonisation est démagogique, les politiques français ne veulent pas faire l’autocritique du passé et voir les dégâts causés par une vision rétrécie du passé et du présent.
Non, messieurs les politiques, la colonisation n’a pas été positive quand que l’on sait que les colonisateurs traitaient les peuples colonisés comme des êtres inférieurs, tout cela parce que ces peuples ne vivaient pas dans la modernité et le matérialisme mais, ils vivaient comme leurs ancêtres simplement.
Les politiques de l’époque Du XIX et XX siècles ont été jusqu'à laissé créer des zoos humains en Europe et en Amérique du Nord, ce sont des hommes, des femmes et des enfants colonisés qui étaient enfermés dans des cages, pour l’amusement et les sorties dominicales des blancs soi-disant humanisés. C’est prés de 400 millions de blancs qui ont visités ces zoos.
Messieurs les politiques, quand vous parlez de la colonisation, il faut vous mettre aussi dans la peau d’un noir ou d’un magrébin de l’époque et vous posez cette question. A-t-il souffert du racisme et de l’intolérance ?
Nous sommes aujourd’hui dans un millénaire de la communication par l’Internet, les secrets, les manipulations et les révélations de l’histoire tombent un par un. Les politiques ne maitrisent plus rien. Ce qui est dommage, car ils l’ont pas encore vus.
Joël Tags associés : racisme, colonialisme, histoire, politique, noir
Un interview important
Mercredi 16 Avril 2008 à 21:30 Publié par thierry-joel dans Les erreurs de l'histoire Claudy Siar : « La France est encore dans une posture coloniale »
L’animateur producteur radio commente la crise culturelle française Dossier Loi sur le rôle positif de la colonisation « La République est hypocrite et n’assume pas son passé colonial. » L’animateur-producteur radio Claudy Siar ne mâche pas ses mots quant à l’actuelle crise historico-culturelle que traverse la France. Une France qui pousse selon lui au communautarisme et qui s’oriente vers une société encore plus violente qu’aujourd’hui.
Loi du 23 février 2005 sur l’œuvre positive de la colonisation, affaire Dieudonné, SMS de Fogiel, émeutes dans les banlieues, stigmatisation des minorités visibles par les médias et les hommes politiques, Claudy Siar, producteur et animateur sur RFI, passe en revue l’actualité française liée à la communauté africaine et afro-caribéenne. Une vision sans concession qui souligne les ambiguïtés de la République.
Afrik.com : Que pensez-vous de la crise historico-culturelle que traverse la France aujourd’hui ?
Claudy Siar : La situation est révélatrice d’une France sclérosée et conservatrice. Une France à la limite d’un racisme qu’elle n’assume pas. La situation est également symptomatique d’une classe politique incapable de comprendre son peuple et ce qu’il veut, en particulier les jeunes noirs, blancs ou maghrébins. Afrik.com : La faute vient-elle uniquement des politiques ?
Claudy Siar : C’est aussi le résultat d’un travail médiatique qui a créé un schisme entre les Français et a tué l’idée de la citoyenneté pour laisser la place au communautarisme. J’ai vu les pires images. Une France qui réprime les banlieues et applique une loi de 1955, de l’époque coloniale, pour réprimer des Français. Cela me rappelle l’Afrique du Sud blanche réprimant les nègres dans les bantoustans. La fermeté employée pour dénoncer les violences aurait dû être la même pour le combat pour l’égalité entre tous les Français. Afrik.com : Les médias dénonçaient la violence des jeunes. Fallait-il cacher cette réalité ?
Claudy Siar : La violence ne vient pas des jeunes, c’est une violence de douleur, de ras-le-bol. Personne ne se doutait qu’après [la mort de deux jeunes-8965] il aurait pu y avoir un tel soulèvement. La violence vient en réalité de l’Etat. C’est une violence distillée à petites doses, sous perfusion. La France n’assume pas son histoire et ce qui se passe aujourd’hui est un retour de manivelle, de l’esclavage non accepté/non reconnu, de la colonisation, qu’on tente même de réhabiliter par la fameuse loi du 23 février 2005 sur l’œuvre civilisatrice de la France. Certes les voitures ont cessé de brûler, les interpellés seront condamnés, mais la haine reste dans le cœur des gens, elle se transmet. Pour les jeunes générations, leurs grands frères en prison sont des héros, car rien ne changera j’en suis persuadé et la violence de demain sera encore plus grande. Car depuis des décennies on discrimine les parents ou grand parents de ces jeunes, à tous les niveaux de la société. Cette France républicaine est enfermée dans son idéologie et tout ce qu’elle prône ne s’applique jamais. Afrik.com : C’est le modèle républicain effectif que vous accusez de favoriser le communautarisme. Êtes-vous pessimiste quant à une évolution favorable de la situation ?
Claudy Siar : La République ne s’est pas rendue compte qu’elle a parqué et méprisé des gens. Elle ne voit que sa grandeur, la grandeur de la France et de sa civilisation occidentale. Le pouvoir médiatique n’a fait qu’exacerber le communautarisme. Donc oui, la France va vers un communautarisme. Un communautarisme qui n’est pas dans la culture française. Il sera donc plus dur, plus violent et plus injuste que le communautarisme anglo-saxon. Je suis pessimiste au regard des réponses apportées par L’Etat français, mais très engagé pour que les choses changent effectivement. Afrik.com : Beaucoup de jeunes dénoncent l’attitude des forces de l’ordre dans la crise des banlieues à l’égard des Noirs et des Maghrébins. Qu’en pensez-vous ?
Claudy Siar : J’ai entendu sur les plateaux TV des politiques mentir et dire que ça ne se passe pas comme ça. C’est faux. Moi au moment où je vous parle, les policiers lorsqu’ils me contrôlent le soir, ils me demandent de sortir de ma voiture et me fouillent. Je pourrais me sentir à l’abri de ce genre de choses, mais pas du tout : c’est la réalité dans ce pays. Oui une partie de la police se comporte mal. Un policier m’a dit un jour, parce qu’il trouvait que la voiture que je possédais était un peu trop classe : « c’est des gens comme vous qui nous donnez des complexes ». Ce à quoi j’ai répondu qu’il aurait fallu mieux travailler à l’école. Un jour la police m’a fait sortir de ma voiture, m’a fouillé, et m’a demandé si je n’avais rien sur moi. J’ai répondu à l’agent : « Oui, j’ai un automatique dans le dos et de la drogue dans le coffre ». Cela pourrait être dangereux pour un jeune de leur répondre comme ça, mais je leur sors mon plus beau français pour leur montrer à quel point ils sont bêtes dans leur comportement. C’est invraisemblable et ce n’est qu’un épisode parmi tant d’autres histoires de confrontations avec la police. Aussi je pars du principe que le feu aux poudres aujourd’hui vient du comportement de la police envers les jeunes et du comportement de la société française envers tous ces jeunes qui n’ont ou pas la bonne couleur de peau, ou pas la bonne religion. Afrik.com : Le traitement de la crise par les hommes politiques n’est-il pas, à certains égards, à connotation raciste ?
Claudy Siar : Il y a effectivement un glissement dangereux, car on tente de faire passer les émeutiers pour des étrangers. On est ici sur les frontières du racisme. Lorsqu’on entend l’académicienne française Hélène Carrère d’Encausse expliquer aux Russes que les émeutes en France sont dues à la polygamie des Africains, on est dans un délire total. Pour autant les politiques n’ont rien dit, tout comme les membres du gouvernement. Il y a eu tellement d’autres propos qui nous ont amenés à ça. Les propos d’Alain Finkielkraut, par exemple, parlant des Martiniquais, victimes de l’esclavage qui profitent aujourd’hui du système français. Ou ceux de Paul Nahan et d’Elisabeth Levy qui se permettent de qualifier les cérémonies funéraires, suite au crash d’avion au Venezuela où 153 Martiniquais avaient trouvé la mort, de « ridicules et compassionnelles ». Afrik.com : Que pensez-vous de l’initiative du Collectif Devoirs de mémoires qui encourage les jeunes à s’exprimer par les urnes en prenant leur carte d’électeur ?
Claudy Siar : Quand les banlieues brûlent, on appelle des jeunes qui une fois devant les politiques, on l’a vu devant Sarkozy, perdent une grande partie de leurs moyens. Ils ne savent exprimer correctement le pourquoi du comment. On les ridiculise devant une grande partie de la population française, tout ça pour que les gens disent que ces jeunes n’ont rien à dire. On sait pourquoi Sarkozy a gagné 10 points dans les sondages. C’est pourquoi les jeunes doivent absolument s’inscrire sur les listes électorales pour botter le cul à tous ceux qui jouent de ça. Afrik.com : En tant que personnage public de la communauté afro-caribéenne, les autorités vous ont-elles sollicité pour vous demander votre avis sur la situation ?
Claudy Siar : Officiellement mon propos n’est pas celui de quelqu’un policé dans le domaine. On m’a posé des questions sur ce que je pensais. J’ai envie de croire que certaines choses dites ont été retenues puisque j’ai entendu des déclarations qui allaient dans ce sens-là. Simplement dans les faits je ne vois rien venir pour l’instant. Afrik.com : Dieudonné a fait couler beaucoup d’encre et nourrit une vive polémique avec ses prises de positions sur les Noirs en France. Quel rapport entretenez-vous avec l’humoriste ?
Claudy Siar : Quoi qu’il arrive Dieudonné est un copain. Je suis d’accord sur le fond du combat, que je comprends complètement, parce que c’est aussi le mien... mais je reconnais que sur certains points, je n’aurai pas fais ça comme ça. Dans mes propos, je n’aurai pas constamment cristallisé sur les juifs. Parce que notre combat ne mérite pas qu’on jette l’opprobre sur d’autres, à tort ou à raison. Mais il y a tout de même une chose qu’il faut lui reconnaître, c’est que sans lui il n’y aurait jamais eu ce débat ouvert de cette façon. Jamais. Afrik.com : L’affaire du SMS Fogiel a également fait grand bruit. Etiez-vous entré en contact avec Marc-Olivier Fogiel pour lui donner votre sentiment sur la situation ?
Claudy Siar : J’avais conseillé Marc-Olivier Fogiel. J’étais persuadé qu’il prendrait la mesure de cela, ce qui n’a pas été le cas - peut-être parce que pour lui il n’y avait rien de raciste dans son attitude - et il l’a pris en pleine figure. J’ai la chance d’avoir un fonctionnement très africain et afro-caribéen et très occidental à la fois. Donc j’arrive à proposer des deux côtés les choses et les deux types d’analyses. Ce que lui ne peut pas faire. Afrik.com : Certaines personnes déplorent le fait que certains radicaux, comme la Tribu K, avancent dans le sillage de Dieudonné. Qu’en pensez-vous ?
Claudy Siar : On a un extrémisme qui résulte du rejet constant de nos populations dans notre propre pays. A un moment donné, il est normal que les gens se radicalisent. Il est normal que les gens aient un propos plus dur et il est compréhensible que la colère se mêle à la haine. Je ne jetterai jamais la pierre à la Tribu K, par exemple, même si je ne suis pas d’accord avec certains de leurs propos. Je serai le dernier à les condamner parce que je comprends leur colère. Plus jeune, j’avais la même colère, mais je me suis dit que je ne pourrais rien construire pour mes enfants. Afrik.com : Au-delà des Noirs en France, n’est-ce pas l’ensemble des rapports entre la France et l’Afrique qui sont également sur la sellette ?
Claudy Siar : La France est encore dans une posture coloniale, il faut bien que les gens comprennent ça. On est dans un pays qui croît et qui fait aujourd’hui croire à des Français qu’elle aide des pays d’Afrique. Pour moi Bush est un criminel. Mais la posture américaine est de vouloir coloniser des pays ou prendre des pays pour les mettre sous son influence afin de leur permettre de consommer américain. Pour cela l’Amérique a besoin que ces pays-là se développent économiquement. La France fait l’inverse. Au lieu de donner une nouvelle autonomie et la possibilité de se développer à cette sphère francophone, elle préfère continuer à en faire des pays inféodés et des pays dans une extrême pauvreté. Ceci dit la faute ne revient pas simplement à la France, elle revient aussi à tous les politiques du continent. Afrik.com : Quel geste fort faudrait-il pour que les Noirs puissent vraiment avoir droit de cité en France ? Claudy Siar : Aujourd’hui la communauté est, pour nous, la seule possibilité de nous défendre, de faire entendre notre voix. Il y a plus de dix ans les Afro-américains ont fait la marche d’un million d’hommes. Il faudrait qu’on puisse faire la même chose aujourd’hui en France. On sera peut être pas un million, la population n’étant pas la même, mais nous pouvons être 100 000. Il est extrêmement important que nous arrivions à faire ça en France. Et nous nous y attelons à travers l’Union de la communauté noire de France. Mais lorsque je dis noir ou afro, contrairement au paradoxe que peut susciter le nom de l’association, je vais bien au-delà, c’est-à-dire que c’est aussi bien l’Afrique que les Caraïbes ou l’Océan indien, que toutes les personnes qui se sentent solidaires d’un combat égalitaire. C’est dans les statuts de l’Union de la communauté noire de France. Il ne faut surtout pas qu’on s’enfonce dans un communautarisme. Source : http://www.afrik.com/article9238.html Tags associés : racisme, colonialisme, histoire, politique, noir
La racisme
Mercredi 16 Avril 2008 à 21:33 Publié par thierry-joel dans Les erreurs de l'histoire
Le racisme, l’intolérance sont des aberrations totales, mais cela ne se limite pas à des races mais entraînent aussi le rejet de personnes homosexuelles, des handicapés, des personnes rondes etc. voir un racisme régional tel que dans le foot (L’om et le psg). Bref, cette monté de l’intolérance découle du mal de vivre, du chômage, parfois mélanger à l’alcool et la drogue. Le racisme est un moyen de développer sa haine et ses propres colères contre d’autres. De plus, la colére empêche l'intelligence de se développer et fait régresser l'évolution de l'être humain. Comme c’est tellement facile de rejeter ses problèmes sur les autres, et de s’aveugler sur ses propres fautes..
Le racisme est partout dans le monde entier et peut toucher tout le monde.
J’appelle tout les peuples à se ressaisir. Personne n’est supérieur à un autre homme Nous sommes tous égaux Chaque homme est une richesse pour l’autre Enlevez vos colères, vos carcans religieux Apprenez à réfléchir par vous--même Chaque être humain doit faire un travail sur lui Faire le deuil du passé Pardonner et se pardonner Alors, le monde entier vivra en paix Lorsque l’homme aura compris ses propres fautes
Joël Tags associés : racisme, colonialisme, histoire, politique, noir
Sos Racisme lance un appel
Samedi 10 Mai 2008 à 08:47 Publié par thierry-joel dans Les erreurs de l'histoire |
A l’occasion du 10 mai 2008, journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, SOS Racisme a initié un appel en faveur d’un enseignement effectif de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage. Vous trouverez ci-dessous le texte de l’appel ainsi que les signataires. Les plus hauts représentants de la République Française étaient présents à Fort-de-France pour célébrer un citoyen d’exception en la personne d’Aimé Césaire. Mais assister à des obsèques ne suffit pas à honorer l’œuvre d’un homme. Aujourd’hui plus que jamais, il faut continuer le combat qui était le sien : un combat contre les préjugés, contre le racisme et pour le vivre ensemble. Aimé Césaire s’était, dans cette optique, récemment exprimé sur les risques liés à un enseignement partiel de l’Histoire de France. Et de fait, en négligeant l’enseignement de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage, on conduit un grand nombre de nos concitoyens à se sentir exclus d’une Histoire nationale partagée et on crée le terreau favorable à la « concurrence des mémoires » attisée et exploitée par tel ou tel démagogue. Mais surtout, ces lacunes dans l’enseignement de l’Histoire sont dommageables pour le temps présent. Car, en effet, si l’on veut qu’une place bien plus importante soit faite dans les programmes scolaires au traitement historique de la colonisation et de l’esclavage, de ses causes, de ses acteurs et de son fonctionnement, ça n’est pas pour le plaisir de la rétrospective. C’est bien plutôt dans le souci de mieux comprendre le présent et d’éviter la répétition de mécanismes qui ont conduit hier à des crimes perpétrés en toute bonne conscience. Etudier ces pages de notre Histoire, c’est donner les clefs d’analyse aux jeunes générations pour qu’elles puissent comprendre les dangers de ces systèmes de pensée fondées sur des visions essentialistes de l’être humain et sur l’exploitation de ce dernier. Etudier ce passé, c’est également permettre de détruire des visions historiquement datées qui, encore aujourd’hui, expliquent les images dégradées et stéréotypées de certaines parties de la population frappées de ce fait par le fléau des discriminations. Il ne faut cependant pas procéder par injonction morale, ce qui risquerait de jeter un voile de suspicion sur une potentielle exploitation de faits historiques. Il faut au contraire faire de l’Histoire, permettre à l’enfant de développer sa conscience citoyenne par une connaissance rigoureuse des faits. Il est aussi temps de sortir du faux débat autour de la repentance. Les sociétés que l’on étudie, leurs actions appartiennent au passé. Il n’y a pas d’un coté les descendants des faibles et des opprimés et de l’autre les descendants d’oppresseurs qui seraient frappés d’une honte héréditaire : nous sommes tous les enfants de l’Histoire. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Ministre de l’Education nationale, le Haut Conseil de l’éducation et le Conseil supérieur de l’Education à donner enfin une place digne de ce nom dans les programmes scolaires à l’enseignement de l’histoire de la colonisation et de celle de l’esclavage, parties intégrantes de l’Histoire de France. Les signataires : Isabelle Adjani, Comédienne ; Akhenaton et Aïcha, Chanteur et productrice ; Gérard Aschieri, Secrétaire général de la FSU ; Dove Attia, Musicien ; Josiane Balasko, Comédienne ; Céline Balitran, Présentatrice ; Delphine Batho, Députée ; Yamina Benguigui, Réalisatrice, Adjointe au Maire de Paris chargée de la lutte contre les discriminations ; Jean Luc Benhamias, Député européen ; Pierre Bergé, Fondation Bergé-YSL ; Dominique Besnéhard, Producteur et acteur ; Serge Bilé, Journaliste et écrivain ; Booder, Comique ; Michel Boujenah, Comédien ; Malek Boutih, Secrétaire National PS chargé des questions de société ; Stomy Bugsy, Chanteur ; Michel Cantal-Dupart, Urbaniste ; Cartouche, Comique ; Abdou Chaoui, Président de la Fédération nationale des Maisons des Potes ; Elie Chouraqui, Réalisateur ; Didier Daenninckx, Ecrivain ; Phil Darwin, Humoriste ; Geneviève de Fontenay, Présidente du comité Miss France ; Marcel Desailly, Footballeur ; Harlem Désir, Député européen ; Philippe Doucet, Maire d’Argenteuil ; Frédéric Encel, Géopolitologue ; Bruno Etienne, Professeur émérite des universités ; Jean Fabbri, Secrétaire général SNESUP-FSU ; Laurent Fabius, Ancien Premier Ministre ; Tiken Jah Fakoly, Chanteur ; Dan Franck, Ecrivain ; Christophe Girard, Adjoint au maire de Paris chargé de la culture ; Sihem Habchi, Présidente de Ni putes ni soumises ; Marek Halter, Ecrivain ; Clara Halter, Artiste plasticienne ; Farid Hamana, Président de la FCPE ; Pierre Henry, Directeur général de France Terre d’Asile ; Anne Hidalgo, Première Adjointe au Maire de Paris ; Bruno Julliard, Adjoint au maire de Paris chargé de la jeunesse ; Ibrahim Keïta Sorel, Président de Banlieues du Monde ; Rachida Khalil, Humoriste ; Jean-François Klein, Historien ; Valérie Lang, Actrice ; Disiz la peste, Chanteur ; Yvan Le Bolloch, Comédien ; Gaël Le Forestier, Présentateur ; Olivier Léonhardt, Maire de Sainte-Geneviève-des-Bois ; Elikia M’Bokolo, Historien ; Tristan Mendès France, Assistant parlementaire et blogueur ; Gilles Moindrot, Secrétaire général du SNUipp ; Benjamin Morgaine, Acteur ; Alix Nicolet, Présidente de la FIDL ; Safia Otokoré, Secrétaire national PS chargée du Sport ; Patrick Pelloux, Médecin urgentiste ; Alda Pereira-Lemaître, Maire de Noisy-le-sec ; Sébastien Pietrasanta, Maire d’Asnières-sur-Seine ; Jean-Baptiste Prevost, Président de l’UNEF ; Princesse Agnès, Chanteuse ; Frédéric Régent, Historien ; Thierry Rey, Judoka ; Anne-Gaëlle Riccio, Présentatrice ; Firmine Richard, Actrice ; Yves Simon, Ecrivain, chanteur ; Singuila, Chanteur ; Dominique Sopo, Président de SOS Racisme ; Amanda Sthers, Ecrivain ; Benjamin Stora, Historien ; Fodé Sylla, Membre du Conseil Economique et Social ; Rachid Taha, Chanteur ; Christiane Taubira, Députée ; Niels Tavernier, Réalisateur ; Louis-Georges Thin, Porte parole du CRAN ; Lilian Thuram, Footballeur ; Patrick Weil, Historien
Source http://www.sos-racisme.org/?appel-en-faveur-d-un-enseignement |
Samedi 10 Mai 2008 à 20:31
Publié par thierry-joel dans Les erreurs de l'histoire
Le massacre de Sétif ou le sanglant armistice
Retour sur un des plus grands massacres de l’histoire coloniale française
Le même jour que la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, les populations du Constantinois, à Sétif et Guelma, en Algérie, manifestent pour leur droit à l’indépendance. De ces rassemblements s’en suivra une des répressions les plus sanglantes de l’histoire coloniale française, par la suite « collectivement et délibérément occultée ». Aujourd’hui, alors que les débats continuent sur le nombre de victimes occasionnées par les colons, de 1 500 à 45 000 morts, la représentation diplomatique française en Algérie, en la personne de l’Ambassadeur Hubert Colin de Verdière, a pour la première fois depuis 1945 qualifié cet épisode, jusqu’alors resté « discret », de « tragédie inexcusable ».
Sanglante armistice à Sétif. Le 8 mai 1945, dans les rues de Paris et dans toute la France, la nation chante la capitulation de l’Allemagne nazie. Au même instant, de l’autre côté de la Méditerranée, des milliers d’Algériens qui ont participé à cette victoire se rassemblent dans les rues de Sétif, afin de déposer une gerbe au pied du monument aux morts de la ville, et revendiquer le droit à l’indépendance de leur pays. Une manifestation qui tourne mal, et qui se solde par une sanglante tragédie, à laquelle participe l’armée française, la Légion Etrangère, et des milices de colons créées ad hoc. Lourd bilan humain pour une répression longue de six semaines dans le département du Constantinois.1 500 ou 45 000 morts ? Aujourd’hui encore le nombre de victimes d’une page méconnue et honteuse de l’histoire coloniale française, est l’objet de débats entre historiens. Il a fallu presque 60 ans, pour que la France, par l’intermédiaire de son Ambassadeur en Algérie, Monsieur Hubert Colin de Verdière, en visite officielle à Sétif le 27 février dernier, parle de cette « tragédie inexcusable », et reconnaisse pour la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962, sa responsabilité dans ce massacre.
Sétif est pendant la période de l’Algérie française le symbolique fief des tous premiers nationalistes. Elle est la ville de Ferhat Abbas, figure clé de la revendication nationaliste modérée, dès 1943 avec son Manifeste du Peuple Algérien et qui deviendra le premier Président du Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA) en 1958. Le jour de l’armistice Fehrat Abbas est à Alger pour féliciter le gouverneur général Chataigneau (dont il est un intime) de la victoire des Alliées. Il est arrêté dans d’étranges circonstances pour « complot contre la sécurité de l’Etat » par le directeur de la sécurité générale. C’est sans compter sur sa présence que, ce jour-là, des milliers d’Algériens musulmans se rassemblent pour fêter l’armistice et revendiquer du même coup l’indépendance de leur pays.
Tout commence par un drapeau levé...
Tôt dans la matinée, à Sétif, les Scouts musulmans, une organisation légale créée par le Parti du Peuple Algérien (PPA) se réunit pour aller déposer une gerbe aux pieds du monument aux morts, situé dans le quartier des Européens. Le Sous-préfet de la ville, Butterlin, qui s’oppose à toute manifestation à caractère politique, leur somme de ne pas porter d’armes, ni d’arborer de bannières revendiquant l’indépendance de l’Algérie. Alors que le cortège gros de 7 000 à 8 000 personnes arrive au quartier français, un drapeau algérien est levé par un jeune porteur de 20 ans. Refusant de le baisser devant l’ordre français, l’homme est abattu, comme le maire de la ville, réputé modéré, qui tente de s’interposer. Une version des faits qui fait l’unanimité parmi les historiens. Dans la fusillade qui s’ensuit, la foule se disperse et s’attaque aux Européens. Elle fait 27 victimes du côté français. La nouvelle se répand rapidement dans la province, où la population locale, majoritairement paysanne, sort crier révolte. C’est le début d’un soulèvement généralisé, dans plusieurs dizaines de villages du Constantinois, ainsi qu’à Blida et Berrouaghia dans l’Alger, et Sidi-Bel-Abbès dans l’Oranais.
A Guelma, située à 150 kilomètres de Sétif, toute « manifestation musulmane » avait été interdite pour l’armistice. Mais en fin d’après-midi, 2 000 Algériens se rassemblent et brandissent drapeau algérien et bannières. Face à l’intervention d’une « milice » européenne et de l’opposition des colons, la fusillade éclate. Dans certains villages, des manifestations se passent sans heurts, souvent grâce à l’intervention de maires « libéraux », comme à Tlemcen. Mais dans la plupart des cas, on tire sans ménagement sur la foule, à la première apparition d’un drapeau algérien, comme à Bône, Blida et Kherrata. D’après l’historien Charles Robert Ageron [1], les premières émeutes des Algériens ( les 8, 9 et 10 mai) auraient tué 102 Européens, auxquels s’ajoutent 110 blessés, et 135 habitations réduites en cendre. Sans commune mesure avec l’ampleur de la répression coloniale.
Chasse aux arabes
Le 9 mai 1945, sur ordre du Sous-préfet Butterlin, l’armée de terre menée par le Général Duval, intervient à Sétif, puis dans tout le reste du département, où elle fait la démonstration de ses sanglantes techniques, tout particulièrement à Guelma et Kherrata. La Marine quant à elle, bombarde les côtes et les gorges de Kherrata, les localité du bord de mer comme les Achas, les Falaises, et Mansouria. Cette intervention musclée pousse les insurgés à se réfugier dans les montagnes, où ils auront alors à essuyer les bombardements de 18 appareils de l’armée de l’air. La répression s’étendra pendant six longues semaines au cours desquelles « la chasse aux arabes », ainsi parfois appelée par les colons ultra de l’époque, fait rage. Car il serait sévère d’imputer l’exclusivité du massacre de mai 1945 au seul corps militaire. D’autres interventions de la part de « milices » de colons ultra armés par les militaires et en général cautionnées par l’administration locale, sont souvent plus atroces et plus sanglantes, selon les témoignages de survivants [2]. Au menu : émeutiers brûlés vifs, tortures, exécutions sommaires, enfants et femmes (même enceintes) rarement épargnés.
Qu’en est-il du bilan humain ? Il faudra attendre le 18 juillet 1945 pour que, du côté français, le ministre de l’Intérieur Tixier prononce un discours devant l’Assemblée nationale évoquant la mort de 1 500 personnes. Côté algérien, les nationalistes avancent tout de suite le chiffre de 45 000 victimes. Le journal algérien Le Populaire, dans son édition du 28 juin, parle déjà quant à lui de 6 000 à 8 000 victimes. Selon Yves Benot [3], ces chiffres auraient été donnés par des militaires au journaliste du Populaire « dans l’intimité ». En métropole, les médias subissent la censure de l’armée, particulièrement sévère à l’époque, et ne s’expriment que des semaines plus tard, en reproduisant le communiqué dicté par le gouvernement.
Bilan humain quasi-impossible
Aujourd’hui, le débat continue. Selon l’Ambassadeur de France en Algérie, qui s’est exprimé sur Sétif en février dernier, il y aurait eu entre 5 000 et 10 000 personnes tuées. Le gouvernement algérien reprend de son côté le chiffre de 45 000 victimes, avancé à l’époque par les nationalistes du Parti Pour le Peuple Algérien (PPA) de Ferhat Abbas. Pour les chercheurs Rachid Messli et Abbas Aroua, du Centre de recherche historique et de documentation sur l’Algérie, « la plupart des historiens s’entendent sur le fait que 45 000 est un chiffre exagéré. Il serait plus réaliste de penser que le bilan humain se situe entre 8 000 et 10 000 morts ».
Les archives de l’armée restent flous. La marine avance le ridicule chiffre de 4 victimes. Selon Yves Benot, il existerait de plus des contradictions dans les chiffres de l’armée de terre [4]. Selon le rapport du Général Duval du 9 août 1945, il y aurait eu 550 « musulmans présumés tués » au cours de l’action de l’armée dans la subdivision de Sétif, et 200 dans celle de Bône (dont relevait Guelma). Or, le seul escadron de la Garde républicaine, qui est entré en action le premier à Kherrata et Perigotville les 8 et 9 mai, et qui a poursuivi son action à Pascal, Colbert, et Saint Arnaud, donne dans son journal de marche plus de 470 tués, dont 200 à Kherrata. Yves Benot fait ainsi remarquer que cela signifierait que toutes les autres sections n’auraient fait que 70 ou 80 victimes, ce qui lui semble improbable, lorsque l’on considère le caractère musclé des interventions de ces équipes armées de mitrailleuses. Enfin, il souligne que ceux de l’aviation militaire, 200 morts, peuvent être mis en doute, dans la mesure où elle n’était pas « sur place ». A cela s’ajoute la répression opérée par les milices civiles. Ces dernières, qui n’appliquaient aucune des procédures légales permettant d’établir le nombre d’exécutions et d’arrestations, ont rendu l’exactitude d’un bilan humain impossible.
La voix des témoins de la « tragédie inexcusable » suffit à rendre compte de l’ampleur des massacres. Et il n’est jamais trop tard pour rappeler la pleine responsabilité de la France de ces crimes, qui depuis 1945, a « collectivement et délibérément occulté ce qui s’était passé à ce moment là », pour reprendre les propres paroles de Hubert Colin de Védière, interrogé par la radio française Europe 1. Mais la reconnaissance officielle est un minimum pour l’Algérie, qui demande désormais des excuses de la part de la France. Faudra-t-il encore soixante années de réflexion pour cela ? Et au philosophe français Paul Ricoeur de se dire « troublé par l’inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs ».
Tags associés : colonisation, setf, algerie, racisme, dictature